De toi @ moi 11

La voiture d’Ichigo attendait devant l’établissement. Il était quelque peu énervé, mais se dit qu’il n’allait pas laisser son oncle gâcher sa soirée. Il monta dans sa voiture et attendit que Jyushiro attache sa ceinture avant de démarrer. Il allait parler quand son portable sonna.

— Excuse-moi Jyushiro…

— Je t’en prie !

Ichigo mit son kit main libre.

— Oui ?

— Hum… c’est Byakuya

— Quelque chose ne va pas ?

— C’est Tamaki !

— Qu’y a-t-il ?

La voix d’Ichigo était anxieuse tout à coup.

— Il fait des cauchemars et refuse de nous en parler. Il te veut et n’arrête pas de pleurer. J’avoue que je ne sais plus quoi faire. La voix de Byakuya semblait désespérée.

— J’arrive…

— Excuse-moi pour ton rendez-vous !

Ichigo glissa un regard de côté vers son amant quelques secondes. Et il vit un regard rassurant. Il se concentra sur la route. Une main venant se poser doucement sur la sienne.

— Ce n’est pas grave… J’arrive !

— À tout de suite !

La voix de Byakuya était hautement soulagée. Ichigo eut un sourire…

— Je te dépose chez toi. Je suis désolé, mais je devrais repartir tout de suite.

— Il n’y a pas de souci. Je comprends fort bien. Je le vois suffisamment avec mes frères et sœurs.

— Oh… On est arrivé !

— Bien à demain…

— À demain…

Ils se regardaient, hésitants. Jyushiro eut un sourire et sortit.

— Sois prudent… et Ukitake claqua la porte !

— Jyushiro…

Mais Ukitake était déjà entré dans le hall de son immeuble. Ichigo soupira et se dirigea rapidement vers la maison des Kuchiki. L’orangé se rongea les sangs tout le long du chemin. Entre son fils et Jyushiro, sa tête ne savait plus très bien où elle devait aller. Il arrêta la voiture devant l’imposante entrée. Il entra rapidement et les domestiques s’inclinèrent. Hisanna se trouvait à la porte.

— Je suis désolée de gâcher ta soirée, mais il n’était vraiment pas bien.

— Je comprends…

— Byakuya est avec lui, il ne voulait pas de moi…

Elle semblait avoir le cœur brisé. Ichigo lui tapota l’épaule et la suivit. Ichigo eut à peine le temps de franchir le seuil de la chambre que Tamaki courut se jeter dans ses bras. L’enfant pleurait à chaudes larmes.

— Qu’y a-t-il ?

— Papa… Tu vas pas nous abandonner ?

— Pardon ?

— Tu as une nouvelle femme… tu vas nous abandonner !

— Qui t’a mis cette idée ridicule dans la tête ?

— À l’école, y’a Aiko qui dit que depuis que son père a une nouvelle femme, eh bien il s’occupe plus d’elle. Et tonton Byakuya a dit que t’étais avec une femme… et tu n’étais pas avec nous !

Ichigo regarda Byakuya qui rougit violemment.

— Tu peux sortir deux minutes, Byakuya ?

— Euh… oui…

— Ne t’inquiète pas… Tu ne pouvais pas savoir.

L’oncle honteux se dirigea vers la porte. Hisanna le prit par la main et le couple sortit de la chambre.

— Tamaki… J’avais juste un rendez-vous ce soir !

— Tu nous abandonnes !

La voix de l’enfant était vindicative. Ichigo s’assit sur le lit et prit son fils sur ses genoux.

— Tamaki… Papa va t’expliquer quelque chose… Tu veux ?

Hochement de tête du petit garçon qui avait encore les yeux pleins de larmes.

— Papa est tombé amoureux.

— Elle est gentille ?

Ichigo réfléchit un instant. Puis avoua lentement.

— Papa est tombé amoureux… La personne est très gentille.

— Elle est jolie ?

— Hum… Tamaki. La personne dont je suis tombé amoureux n’est pas une femme.

Le petit garçon le regarda, stupéfait.

— Tu es tombé amoureux d’un animal ?

— Non, pas vraiment… Je suis tombé amoureux d’un homme.

— Un homme ? Mais… mais t’en es un !

— Je le sais…

Tamaki réfléchit profondément à la chose. Ichigo avait l’impression d’entendre les rouages du cerveau de son fils.

— Tu l’aimes ? fit une voix féminine à la porte.

Ichigo rencontra les yeux de sa fille et ceux de son fils Sosuke. Il rougit légèrement, mais ne baissa pas les yeux. Il désigna une place à côté de lui. Kyoyuki vint s’asseoir à côté de son père, mais Sosuke le regardait entre ses yeux plissés, indécis.

— Oui… Beaucoup !

— Pourquoi ? demanda Sosuke.

— Pourquoi un homme ?

— Cela aurait pu être une femme… On ne choisit pas la personne quand on tombe amoureux.

— Mais c’est interdit ! lâcha son cadet.

— Qui l’interdit ?

— Ben… les gens !

— Je sais que c’est considéré comme mal d’aimer quelqu’un du même sexe que soi et je comprends que cela puisse vous troubler. Je voulais vous en parler dimanche, mais vous m’avez pris de court.

— Papa… euh… ça sera quoi pour nous ?

— Pardon ?

— Oui… si c’est une femme, ça devient une nouvelle maman…Tu comprends, fit Kyoyuki, mais un homme, ça devient quoi ? Puisque on a déjà un père…

— Ça ne sera pas une maman, c’est sûr. Il ne sera pas votre papa non plus, mais il peut devenir votre ami, votre confident… quelqu’un d’autre sur qui vous pourrez vous reposer en dehors de papa, comme cela aurait été le cas si une femme m’avait accompagné. On peut appeler ça une sorte de deuxième papa.

— Je veux pas ! grinça des dents Sosuke. Je te l’interdis!

— Tu n’as pas à interdire… déclara Kyoyuki. Moi, je veux le rencontrer d’abord. Il est peut-être gentil. Après tout, c’est pas parce que papa aurait été avec une femme qu’on serait plus heureux.

— Moi, je veux le voir ! déclara Tamaki.

— Moi aussi ! rétorqua Kyoyuki.

— Pas moi… cracha Sosuke.

— Écoutez… Si j’organise une petite rencontre demain soir… ça vous irait ?

— Non ! hurla Sosuke qui partit en courant.

Ichigo voulut se lever, mais Tamaki s’accrocha à sa chemise.

— Papa… Tu crois qu’il va nous accepter ?

— Il sait déjà pour vous…

— Et il a dit quoi ? demanda Kyoyuki.

— Qu’il voulait vous rencontrer.

— Papa… Je ne suis pas tout à fait sûre de vouloir qu’il soit dans nos vies. Tu comprends… c’est pas « normal » et je comprends Sosuke. Il t’aime beaucoup et tu es son modèle… fit raisonnablement sa fille. Mais, je ferai l’effort de le voir, parce que tu as l’air de beaucoup l’aimer. Je suis sûre que Papy Isshin est au courant.

Ichigo hocha la tête.

— Il l’a déjà rencontré ?

— Non… Pas encore !

— Tant mieux… On sera au courant avant lui pour une fois !

— Papa… fit Tamaki.

Ichigo baissa les yeux vers son plus jeune fils.

— Tu ne nous abandonneras pas alors ?

— Bien sur que non… Là, nous essayons juste de nous connaître un peu plus.

— Tu l’as connu où ? demanda sa fille, curieuse.

— À mon travail !

— Oh… tu le connais depuis longtemps. On l’a déjà rencontré ?

— Non, vous ne l’avez jamais rencontré. Et, cela fait longtemps qu’il est dans l’entreprise, mais on se connaissait surtout de vue. Bon, les enfants, allez vous recoucher. Vous le verrez demain ou, s’il ne peut pas, on s’organisera pour que vous puissiez le voir rapidement.

— Tu viens me border aussi ! fit sa fille.

Ichigo avait fait regagner son lit à Tamaki. Il l’embrassa et se dirigea vers la chambre de sa fille. Cette dernière regardait le plafond. Puis, elle tourna la tête vers son père et lui dit :

— Tu sais, j’avais bien vu qu’entre maman et toi ça n’allait plus depuis longtemps. Alors, si demain je vois que c’est un type bien, je ne vois pas pourquoi je refuserais d’avoir un peu de bonheur dans ta vie, mais si je vois qu’il veut te faire du mal ou profiter de toi, je ne l’accepterai pas !

— Compris… Fit doucement Ichigo.

— Pour Sosuke… il faut qu’il se fasse à l’idée. J’ai du mal quand même…

— Je comprends ma puce. De toute façon, vous aurez aussi le temps de vous habituer…

— Bonne nuit papa… Au fait, il s’appelle comment ?

— Jyushiro.

— Jyushiro-san… Bonne nuit !

— Bonne nuit ma puce.

Ichigo quitta la pièce et se dirigea vers la chambre de Sosuke, mais il vit Hisanna et Byakuya devant la porte. Ils étaient incrédules.

— C’est vrai ce que vient de nous dire Sosuke ? demanda Hisanna.

— A propos du fait que ma petite amie est un homme ?

— Oui !

— Effectivement…

— Mais à quoi tu penses ? lui demanda Hisanna.

— Peux-tu préciser ta pensée ?

— Mais enfin, tes enfants… Tu vas les perturber avec ce genre de relation !

— Écoute, Hisanna. Que ce soit un homme ou une femme, quelle que soit le type de relation que je puisse avoir, cela aura des répercutions sur eux. Certes, le fait que ce soit un homme est plus difficile à digérer qu’une femme, ce qui serait plus logique de toute façon.

— Hisanna… Même si je n’approuve pas non plus… C’est sa vie ! Nous n’avons pas à intervenir.

— Mais regarde l’état dans lequel est Sosuke ! Et les autres enfants le prennent comment ? Je suis sur que Tamaki ne s’en remet pas.

— Tamaki le prend plutôt bien tout comme Kyoyuki.

— Pardon ?

— Ils veulent le rencontrer… Et j’organiserai ça demain soir.

— Tu n’y songes pas !

— Oh que si…

— Mais et tes parents !!! Ils ne vont même pas être d’accord, j’en suis certaine !

— Hisanna ! fit calmement Byakuya.

— Ils sont au courant et m’ont donné leur bénédiction !

— Quoi ?

— Moins fort ! fit Byakuya. Il leva les yeux, exaspéré par de telles démonstrations hostiles. Tu vas réveiller les enfants… Et je te répète que cela ne nous regarde pas !

— Mais…

— Allez viens, on va aller dormir. Ichigo, j’ai fait préparer une chambre pour toi.

— J’ai rien pour aller travailler demain.

— J’ai des costumes plus « classique ». Tu pourras te servir.

— Mais…

— Non, je n’ai pas de T-shirt avec des têtes de mort et encore moins de ceintures cloutées ! Mais tu feras avec. Au lit tout le monde ! fit Byakuya d’un ton sec.

— Je vais aller voir Sosuke avant, marmonna Ichigo, mécontent.

— Bonne nuit ! Nous on va se coucher !

Byakuya entraîna sa femme peu coopérative derrière lui. Ichigo entra dans la chambre de son fils. Ce dernier pleurait sous la couverture. Ichigo s’installa au bout du lit et ne dit rien. Il attendait.

— Je vais dire quoi à mes copains ?

— Pour l’instant rien…

— Mais quand je devrais leur dire !

— Sosuke… Pour l’instant, je souhaite juste que tu le rencontres. Il est plus facile de parler de quelqu’un quand on le connaît.

— …

— Tu sais… J’aimais beaucoup ta mère !

— Je le sais ! grogna le fils. Tu ne voyais toujours que maman. C’est elle qui faisait plus attention à toi !

Ichigo eut un coup au cœur. Décidément, il n’y avait que lui pour être aveugle. Sosuke sortit de sous la couverture et scruta son père.

— Tu sais… Moi, je ne voulais pas que tu refasses ta vie avec quelqu’un d’autre. Et si ça redevient comme avec maman ?

— Ta mère n’a jamais été méchante avec toi que je sache !

— Je ne dis pas qu’elle était méchante, mais elle faisait plus attention à nous ! Tout ce qui comptait, c’était ses sorties, et nous on devait toujours rester derrière et ne pas la gêner.

— Elle n’a pas eu une vie facile tu sais !

— Et toi ?

— Nous avons tous des difficultés dans la vie.

— Tu trouves toujours des excuses pour elle !

— Tu lui en veux à ce point là ?

— Oui ! Je ne t’en parle jamais… car, tu fais comme tu peux. Et puis, tu es fatigué le soir. Je le vois bien. Je suis assez grand pour le voir ! Mais… mais…

— Sosuke, laisse au moins une chance à Jyushiro.

— C’est comme ça « qu’il » s’appelle ?

— Oui !

— Bon, d’accord. Demain, je l’examinerai. Mais si je l’aime pas… tu me forces pas !

— Très bien…

Sosuke bailla. Il s’allongea dans son lit et plaça ses mains sous sa tête.

— Bonne nuit… papa

— Bonne nuit Sosuke !

Ichigo embrassa son fils et se leva pour se diriger vers la chambre que Byakuya lui avait réservée. Il se dit que le lendemain serait une longue journée pour lui. Il se frotta le crâne pour prévenir une migraine qui lui montait à la tête, passa le pyjama qu’on lui avait apporté et s’allongea dans le lit.

Il songea à l’agréable soirée qu’il avait passée et repensa soudain à la façon dont ils s’étaient quittés. Jyushiro était-il en colère ? Catastrophe s’il ne pouvait pas venir. Il finit par sortir son portable et appela Ukitake à 3 heures du matin !

— Allô ! fit la voix d’Ukitake.

Ichigo aurait pensé qu’il dormait, mais apparemment pas du tout !

— C’est Ichigo.

— Quelque chose ne va pas ? Ton fils va mieux ?

— Oh… je viens d’avoir une longue discussion avec mes enfants…

— À propos ?

— De nous deux…

— Ichigo… cela va très vite entre nous. Et… j’ai l’impression que tout m’échappe là.

Ichigo s’assit sur son lit, le cœur battant.

— Tu…

— Je réfléchis depuis tout à l’heure et je ne sais plus où j’en suis. Je n’ai aucun doute sur mes sentiments pour toi, mais… Ton clan, ton pouvoir, tes parents, tes enfants… tous sont au courant ou presque et notre relation ne fait que démarrer et j’ai l’impression… d’étouffer !

— Oh…

— Je souhaite repousser notre week-end ! J’ai besoin de réfléchir…

— Très bien. Comme tu voudras… Après tout, je t’ai donné le choix et je ne reviens pas sur mes décisions.

— Ichigo…

— Oui ?

La voix du jeune homme était calme et posée.

— Je t’aime… Mais comprend moi…

— Je comprends. Sois-en sûr !

— Excuse-moi !

— Non… Excuse-moi d’avoir été si rapide et excuse-moi de t’avoir dérangé. Bonne nuit.

Ichigo éteignit son portable et ferma les yeux. Il se leva et se dirigea vers l’armoire à pharmacie où il trouva ses anciens somnifères.

Il en sortit un, prit un verre qui se trouvait également dans l’armoire à pharmacie et  le remplit d’eau. Ensuite, il alla se coucher. Il ferma les yeux et attendit le sommeil. Il repoussa toutes ses idées. Il voulait oublier !


Un mot, une critique… ou un pavé, j’assume 😄 (et je lis tout !)