Shinji souleva le corps de l’orangé et l’amena dans la pièce suivante. Il reposa le corps à terre et se gratta la tête. Il fit rapidement le tour des lieux et trouva ce qu’il cherchait : la salle de bain. Il laissa la porte ouverte et prit Ichigo dans ses bras comme une jeune mariée.
— ‘tain… tu m’en fais faire des choses ridicules ! maugréa le blond.
Il déshabilla l’homme inconscient et fit couler l’eau pour qu’elle soit à température convenable. Il finit par défaire les sous-vêtements et plaça Ichigo sous la douche. Cela réveilla le jeune homme qui fixait maintenant le blond entre ses yeux mi-clos.
Ichigo sursauta légèrement en sentant quelque chose lui tomber dessus… « de la pluie ? »… Non c’était chaud. Il entrouvrit les yeux. « Shinji ? »… Puis, il se souvint vaguement. Il vit le blond retirer sa montre et retrousser ses manches. Il revint vers Ichigo et lui dit un peu sèchement.
— Tourne-toi !
Ichigo n’avait pas la force de lutter. Il se tourna lentement sur lui-même. Il était un peu mal à l’aise par la situation. Il sentit alors deux mains qui lui faisaient un massage du cuir chevelu. Il sursauta et se laissa faire au final, cela le détendait complètement. Il soupira d’aise… Shinji eut un léger sourire.
— Tu peux te laver seul ? demanda Shinji.
Ichigo hocha simplement la tête dans l’approbation.
— Je suis à côté si t’as besoin d’aide et on discute après !
— D’accord !
Ichigo se leva lentement et entreprit de se laver. Il tremblait légèrement. Il réussit à faire sa toilette. Il était encore sous sa forme d’âme, il savait… Il voulut sortir de la baignoire, dérapa et faillit se casser le cou, si ce n’est que Shinji l’attrapa au vol.
— Crétin, fallait m’appeler ! grogna le blond.
— J’ai pas voulu déranger et je veux…
— Déranger ? Pff ! Imbécile ! marmonna-t-il.
Il assit Ichigo dans la baignoire, prit une grande serviette et entreprit de le sécher rapidement. L’oranger était vraiment faible et claquait des dents. Le choc certainement songea le vizard. Il aida l’étudiant à sortir de la baignoire et lui passa une serviette autour de la taille et prit une petite serviette et tira le jeune homme à sa suite, lui servant d’appui. Hirako, sans rien dire, prit la petite serviette et frotta les cheveux oranges en bataille. Puis, il poussa Ichigo dans son corps.
— Voilà ! Maintenant, tu es présentable
— Pourquoi ?
— Quoi ?
— Tu m’aides !
Hirako le regarda sombrement, sans rien dire pendant quelques instants. Ichigo sentait dans son riatsu de la colère, de la peine, de la douleur. Il n’était plus celui qu’il avait rencontré, juste avant la guerre d’hivers. Finalement, l’ex-capitaine lui répondit
— Tu sais, j’ai perdu Hiyori… c’est plus pareil… Mashiru et Love aussi. Tu sais, avec les autres ont s’occupe des vizards qui sont apparus après la guerre. Beaucoup meurent, mais certains survivent. Et comme on est rejeté de la Soul Society et bien, on essaye de former une famille. Et je te le dit tout net… plus aucun membre de « ma famille » ne mourra et surtout pas toi Ichigo.
— Pourquoi ?
— Peut-être la nostalgie du temps passé. Les nouveaux vizards… on tisse des liens, mais toi c’est différent. Tu étais là quand tout notre groupe était complet. C’est un peu comme si je retrouvais un ami disparu. Je sais, avec le temps je radote ! Ce n’est peut-être pas les bonnes raisons. Mais se sont les miennes.
— Je comprends, lui répondit lentement le plus jeune. Je te comprends… souffla t’il.
Ichigo baissa le regard et regarda ses pieds nus. Ses souvenirs lointain de leurs combats avec eux… faisaient qu’un lien spécial les unissaient en plus de leurs similitudes de pouvoirs qu’il n’aurai jamais avec Rukia ou Renji ou aucun autre de ses amis humains. Ichigo se rendit compte qu’il avait encore besoin des vizards.
— Shinji… ça me fait mal de le dire. Mais, j’ai besoin de ton aide !
Ichigo sentit que le blond se déplaçait. Il se plaça devant lui et posa une main sur le sommet de son crâne et caressa les cheveux oranges presque tendrement.
— Je le sais… Je vais t’aider. Avec Kensei, Hatch, Rose et Lisa.
Hirako expira profondément et glissa ses bras autour du cou d’Ichigo et posa son menton sur le haut du crâne.
— On va t’aider… compte sur nous !
— Merci ! souffla simplement l’oranger.
Il leva les yeux et Hirako relacha son étreinte et leurs yeux se rencontrèrent dans la compréhension d’une douleur commune, de souvenirs communs. Hirako se détacha, recula et prit le siège à roulettes d’Ichigo et se tourna vers lui.
— Maintenant, tu m’expliques ce qui t’est arrivé par le menu. Que je sache quoi faire pour toi !
— A partir de quand ?
— Juste à la fin de la guerre… Déjà, il s’est passé quoi avec la Soul Society ?
Ichigo fronça les sourcils. Pouvait-il lui en parler ? Il se mordit la lèvre inférieure.
— Je peux faire du café ?
— Tu en as besoin ?
Les yeux ambres le fixaient un peu suppliant.
— Bon, va te chercher ce dont tu as besoin.
— Je ne serai pas long… Tu en veux un ?
— Ouais !
Shinji regarda partir l’oranger et secoua sa tête lentement de droite à gauche. Il était vraiment curieux maintenant de savoir ce qui lui était arrivé ! Ichigo revint comme promis rapidement et Hirako prit la tasse commença à boire le liquide noir et amer. Il en apprécia le goût. Son attention se reporta sur l’oranger qui s’était assis au fond de son lit. Une jambe repliée, l’autre allongée devant lui.
— Lorsque la guerre a été finie, j’ai été convoqué par le Soutaïcho deux ou trois mois après. Commença l’oranger. Ses yeux fixaient le plafond pensivement. Tous les capitaines survivants étaient là. Ukitake venait d’être promu et Yama-jii est parti peu de temps après pour le monde du Roi. Bref, ils m’ont dit que comme tout était rentré dans l’ordre, je n’avais aucune raison maintenant de poursuivre ma mission de Shinigami-Daïkou. Ils m’ont laissé mon badge, car vu le riatsu que je dégage, je pouvais toujours avoir besoin à titre personnel pour me défendre. Bref, ils m’ont demandé de reprendre la vie, comme l’humain « normal » que je suis, devrai vivre.
Il fit une petite pause…
— Papa a été ravi, quelque part. Je ne risquerai plus ma vie et je ferai en sommes des activités d’une personne de mon âge. Tout le monde a été d’accord et je n’ai pas eu mon mot à dire.
Le son de sa voix tremblait légèrement de rage contenue. Il reprit quelques secondes plus tard plus posément… le temps de redevenir calme.
— Le problème pour moi, c’est que je fais des cauchemars toutes les nuits… Je revois sans cesse mon combat avec Aïzen Sosuke et Gin Ichimaru. Surtout Aïzen en fait ! Son visage était collé contre le mien quand il a rendu son dernier soupir. J’ai vu la vie quitter progressivement ses yeux. J’ai… j’ai…
Sa voix trembla légèrement, et il regarda brutalement Shinji, ses yeux ambres étaient suppliants.
— Mes mains étaient couvertes de sang… De mon sang et du sien… Shinji, je peux tuer des hollow, des arrancars…. Mais pourquoi… pourquoi… ça m’a tellement marqué lui et Gin ? J’aurais dû être soulagé ou content… alors, pourquoi, je me sens coupable ?
Shinji soupira. Il fallait s’y attendre. Il n’était même pas majeur quand il l’a tué.
Il posa sa tasse et observa le visage déchiré devant lui. Il maudit dans sa tête la Soul Society ! Laisser à un gamin de telles responsabilités et le laisser seul au moment où il aurait eu besoin d’être entouré.
Bande d’abrutis !
Il n’a pas fait l’Académie, il n’a pas une centaine d’année… À l’âge d’Ichigo, les shinigamis jouent avec leurs pelles et leurs sauts et n’ont même pas idée de ce que peut être le pouvoir d’un shinigami ou la force d’un hollow.
Le visage du jeune homme le fit se sentir mal. Il se leva lentement et retira ses chaussures et grimpa sur le lit. Hirako prit le jeune homme dans ses bras doucement.
Shinji ressentit des mains qui l’agrippaient dans le dos et une tête qui se posait sur son épaule. Le gosse vivait le trauma d’une après-guerre. Il n’aurait pas subi cela, s’il avait conservé une quelconque activité…
Quelque chose qui l’occuperait et il ne pensait pas aux occupations humaines. Il sentit quelque chaud et d’humide contre lui. Il fut surpris… Le gamin devait être épuisé avec son changement de vie, son passé, et certainement ses études de médecines d’après les livres qu’il avait vu posé sur le bureau pendant la brève absence du roux.
— Ichigo… c’est normal ce que tu traverses. Tu n’étais pas préparé psychologiquement et t’es du genre à sauver ton ennemi, alors, comment veux-tu ou peux-tu porter la mort de deux hommes comme cela ?
Un silence s’installa. Les paroles du blond ayant calmé quelque peu le roux.
— Quand, je suis revenu dans le monde des humains, dit la voix étouffée d’Ichigo, je me suis senti inutile. J’ai essayé de reprendre le cours de ma vie. Et puis, je me suis rendu compte que je ne pouvais plus continuer à Karakura. Les hollow me rappelaient constamment mon ancien rôle, mes amis me parlaient tout le temps « d’avant », alors, j’ai travaillé d’arrache-pied pour changer de continent. Je dormais plus, il fallait que je réussisse. Mon père s’est inquiété à un moment de mon état de santé, alors j’ai commencé à me dissimuler, mon hollow est revenu progressivement, insidieusement, sournoisement. Je ne m’en étais pas rendu compte…
Ichigo se détacha du blond et le regarda droit dans les yeux. Ses yeux, toujours un peu humides.
— Et soudain, il a été là ! Je ne savais plus quoi faire. J’ai essayé de le repousser autant que je le pouvait. Mais, autant je peux le contenir en journée… je me rends compte aujourd’hui que je n’ai plus le contrôle de mes nuits !
— Tu es épuisé. Constata simplement Shinji. Aujourd’hui tu restes ici et tu dors. Déjà ça te fera du bien. Et tiens, je vais te donner quelque chose qui va t’aider.
Shinji sortit une petite boîte de couleur verte. Il sortit un comprimé qui ressemblait aux petites boules homéopathiques. Il lui demanda de tendre la main et lui donna.
— Tu prends ça… Hiyori avait concocté ça avant de mourir. Quand elle a vu le nombre de vizard augmenter. Donc, les effets ne sont pas permanents. Normalement, tu en prends un par semaine… mais vu ton cas, un tous les trois jours seraient bien. Ce médicament va te permettre d’inhiber ton hollow de manière à ce que tu puisses reprendre une vie « normale ». Y’a pas d’effet secondaire. Par contre, cela n’a pas d’effet permanent.
Ichigo regarda la toute petite boule et l’avala.
— Tu en as en stock ? Demanda Ichigo surpris.
— Non, elle m’a appris à moi, Rose, Hatch a en faire. Là, j’en ai presque plus. Il faut qu’on en refasse.
Shinji sembla réfléchir, puis déclara :
— Donc aujourd’hui tu te reposes et tu sors pas et pas de protestations ! Gronda Hirako en voyant l’air d’Ichigo. Tu es épuisé… si tu veux que ton hollow réapparaisse pas de problème, ce que je viens de te donner ne servira à rien !
Il eut un petit halètement de colère. Puis reprenant calmement…
— Ensuite, je dois repartir la semaine prochaine. On a découvert de nouveaux vizards en Allemagne. On reviendra certainement dans deux ou trois mois ! Il va falloir que t’apprennes à vivre avec ce que je t’ai donné sans dépasser la dose. C’est d’accord ?
— Oui…
Ichigo était déçu. Il allait être seul à nouveau.
— On reviendra. Cette semaine, je vais rester avec toi ici. Pour surveiller que tu ne fasses pas de conneries irréparables comme celle que t’as failli commettre hier.
Ichigo braqua ses yeux sur Hirako.
— Qu’est ce que j’ai fait exactement ?
— Rien… juste blessé presque mortellement un shinigami de faction, après avoir buté un mi-temps d’arrancar !
— Il est… il est…
— Non, il est en vie ! Kensei est partit lui rectifier sa mémoire et Hatch s’occupe de ses blessures ! Je ne voudrai pas qu’on découvre que t’es ici… Je suppose que personne en sait en dehors de ton père ?
— Exact !
— Bien… et bien, on va garder ça secret alors.
Hirako se leva du lit et se dirigea vers la fenêtre, il regarda à l’extérieur et sortit son portable.
— C’est moi Kensei !
— Je me doute…
— Il en est où ?
— On l’a lâché dans un coin en ville. Il est en vie et ne se souvient de rien !
— Parfait ! Bon, je vais rester chez Ichigo pour la semaine. Il est dans un sale état.
— On part quand même ?
— Ouaih… mais faudra revenir rapidement… enfin, aussi vite qu’on pourra.
— Y’a besoin de quelque chose là ?
— Non ! Juste du repos. Je lui ai donné des comprimés. Enfin, les super-méga-hollow-control-Hiyori-chan ! Fit-il avec un léger sourire.
— Ouaih ! Bon, nous on part s’occuper de nos petites affaires et on viendra te récupérer lorsque nous aurons besoin de toi pour le combat !
— Très bien… A tout à l’heure !
— ‘lut !
Shinji se tourna vers Ichigo et vit que ce dernier était épuisé. Ses paupières s’alourdissaient et sa bouche était légèrement entrouverte. Il secoua la tête et vint vers l’oranger qui ne savait plus très bien où il en était. Hirako l’allongea et lui murmura gentiment presque.
— Dors maintenant, je suis là pour te surveiller, alors ne craint rien Ichigo.
Ichigo soupira et ferma les yeux. Hirako referma les volets et vit poindre l’aube. Il referma les fenêtre et passa le couvre lit sur le roux avant qu’il ne s’endorme. Il avait vu le portable d’Ichigo sur le bureau et l’embarqua, on ne savait jamais… si quelqu’un appelait. Il fallait que le vizard dorme. Il sortit sur la pointe des pieds en entendant le souffle régulier du plus jeune.
°OoO°
Hirako était parti s’allonger sur le canapé. Il avait trouvé en fouillant un peu partout dans l’appartement pour prendre ses repères, un plaid dans le placard de l’entrée. Il s’accorda un répit, et s’endormit sur le clic-clac. Il se sentait aussi vidé que l’était Ichigo. Il fit comme d’habitude, un sommeil sans rêve… et s’il rêvait, c’était pour faire des cauchemars ! Si Ichigo savait…

Un mot, une critique… ou un pavé, j’assume 😄 (et je lis tout !)