Hirako se pencha et caressa le contour du visage sous le sien. C’en était presque douloureux. Comment aimer à nouveau ? Pourtant, le Vizard devant lui le regardait avec confiance et amour. Il ne pouvait pas se tromper. Il sentit les mains d’Ichigo glisser sous sa veste et attirer son buste vers lui. Il haussa un sourcil… Il n’était pas aussi timide qu’on aurait pu le croire de prime abord. Ses mains cherchaient déjà à se glisser sous le vêtement.
Il se pencha vers Ichigo et posa ses lèvres sur celles du roux, qui répondit à l’échange. C’était doux et chaud, et Shinji se redressait un peu à chaque baiser. Il sentit les mains d’Ichigo parcourir son dos. Des mains si douces… songea-t-il. Il décida de reprendre l’initiative. Il emprisonna la tête du plus jeune entre ses mains et glissa sa langue dans l’ouverture qu’Ichigo avait laissée. Le baiser devint plus exigeant, plus dur…
Leurs langues s’accrochèrent de plus en plus violemment. Leurs respirations devinrent rauques. Les mains de Shinji avaient glissé, parties à l’exploration de la chair tendre et ferme du roux.
L’une d’elles entra dans le shihakushō d’Ichigo. Shinji apprécia les muscles longs, déliés et robustes. Ses lèvres quittèrent sa bouche pour descendre vers la gorge de l’oranger, qui haleta quand sa main caressa rudement son mamelon. Il eut un sourire… Shinji ne voulait plus de cette position inconfortable. Il se redressa et poussa le plus jeune Vizard sur le sable.
— Désolé, ça risque de ne pas être confortable… mais je ne peux pas attendre !
Ichigo le regarda et demanda :
— Qui a dit que je serais celui qui serait « en dessous » ?
— Au-dessus, en dessous… On peut faire le kama-sutra ! Peu m’importe…
— T’es un obsédé, finalement ?
— Tu crois ? fit-il, moqueur.
Shinji s’était à nouveau penché sur Ichigo, qui s’était un peu redressé. Les deux hommes eurent un léger sourire dans la nuit. Les mains du blond partirent à l’exploration, abandonnée plus tôt. La bouche du Vizard glissa sur le cou du roux, qui gémit lorsqu’il mordilla son lobe d’oreille. Les doigts d’Hirako caressaient et pinçaient les mamelons sensibles du roux. Ils se dressèrent sous la sollicitation.
Ichigo avait réussi à défaire les boutons de chemise entre-temps. Le corps frêle de Shinji lui fit penser à celui d’une femme, presque. Si ce n’est qu’il avait des muscles longs et fins, et aucune rondeur au niveau de la poitrine. Le roux se redressa, plaqua le corps du Vizard contre lui et lécha le buste devant lui, sa langue traçant des cercles autour des tétons excités. Il les aspira, et entendit un gémissement étranglé du blond. Ses mains caressaient son dos souple avec volupté.
— C’est clair que t’es plus vierge… murmura Shinji.
Les mains d’Ichigo avaient glissé à sa ceinture, et le blond se dit qu’il fallait qu’il reprenne l’initiative. Décidément… Il repoussa à nouveau l’autre et commença à faire glisser sa bouche sur le corps chaud de son amant, ses mains faisant glisser l’obi blanc entre ses doigts. Il fit descendre son hakama au fur et à mesure qu’il s’abaissait sur le corps musclé. Sa bouche s’arrêta au nombril, si sexy, d’Ichigo. Il se promit de lui faire porter un piercing à cet endroit…
La langue de Shinji suivait une route sur les muscles, plus lourds que les siens. Il entendait les soupirs de son amant et sourit intérieurement. Ses mains glissèrent vers l’entrejambe du roux, qui haleta. Son sexe gonflait à chacun de ses effleurements. Il finit par libérer Ichigo de son caleçon, et essaya de faire durer le plaisir. Il caressa la verge dressée et pulsante, entreprit un lent va-et-vient, puis accéléra quand il vit le corps se cambrer et entendit les gémissements rauques.
Hirako plaqua le bassin de l’oranger sur le sable. Il fit courir sa langue le long du membre. Il le goûta et en apprécia le contour. Sa langue taquinait la fente… d’où s’échappaient les fluides de l’oranger. Une des mains du blond glissa sur les boules sensibles, ce qui eut pour effet de raidir Ichigo sur l’instant.
— Hirako…
— Hum…
— Plus dur !
Le blond s’exécuta et se mit à faire des mouvements de va-et-vient avec sa bouche, engloutissant la totalité du sexe d’Ichigo. Ses doigts cherchèrent à entrer dans l’orifice vierge de l’oranger, qui se contracta. De son autre main, Shinji sortit une petite boîte de lubrifiant. Il se redressa, et entendit la protestation de son amant.
— Attends deux secondes… Je vais te préparer correctement !
— Tu l’avais prévu ?
— Je me suis dit, au cas où…
— …
— Je vais te faire sentir bien, Ichi…
— T’as intérêt…
Shinji avait glissé plusieurs doigts dans le pot. Ichigo s’était redressé, avait fait glisser le pantalon de son amant, suivi de très près de son caleçon. Il attrapa la boîte et enduisit ses doigts du gel. Il posa ensuite ses doigts sur le sexe d’Hirako et entreprit un long massage du membre gonflé. Le blond gémit sous la caresse sensuelle. Hirako observa un instant le roux. Puis, finalement, il murmura :
— Place ton hakama sous toi, ou tu vas passer un sale quart d’heure.
— Essaye un peu de m’en faire passer un et je te rends la politesse, et avec du verre pilé s’il le faut ! grinça Ichigo.
— T’es pas nerveux…
— Boucle-la et viens…
Hirako se mit alors à glisser un doigt. Il ressentit la contraction d’Ichigo, encore une fois. Il finit par se pencher et caressa de sa langue la gorge de son amant. Le bout de sa langue rugueuse n’oublia aucun endroit sensible du roux. Ichigo se tourna pour prendre le visage d’Hirako dans ses mains et l’embrassa à pleine bouche. Le blond en profita pour placer un deuxième doigt et effectuer un mouvement de ciseaux, afin d’ouvrir davantage le passage. Ichigo eut un mouvement de bassin involontaire, son sexe rencontrant celui du blond.
Les deux hommes gémirent sourdement en même temps. Ichigo commença un mouvement de bassin, frottant leurs deux membres ensemble. Hirako commença à transpirer. Il plaça un troisième doigt. Il se demanda s’il arriverait à ses fins devant la passion dont l’oranger faisait preuve.
Tout à coup, Ichigo se crispa et ses bras s’enroulèrent autour du cou d’Hirako. Un profond gémissement monta du fond de sa gorge. Shinji avait trouvé sa prostate. Il se mit à caresser consciencieusement la boule de nerfs. Les gémissements devinrent des cris rauques.
Le bassin d’Ichigo ondulait sensuellement sous le blond. Hirako écarta bien les jambes devant lui, puis finit par lâcher l’oranger, se plaça devant son orifice et le pénétra très lentement. Un effort pour Shinji, qui n’en pouvait plus. Le corps raidi devant lui le fit attendre quelques secondes…
— Ça va ? demanda Shinji, incertain.
— Bouge… parvint seulement à dire Ichigo.
Lentement, le blond bougea, et Ichigo gémit de douleur. Il ne l’avait pas assez préparé ? Il hésita à nouveau, mais Ichigo l’encouragea à continuer. Il bougea alors lentement et profondément. Il voulait toucher sa prostate. Il fit quelques va-et-vient lents avant de pouvoir atteindre à nouveau cette cible.
Ichigo se cambra soudain sous lui. Shinji comprit que c’était bon… et entreprit alors des mouvements plus rapides et plus amples. Il gémit, tant cela lui faisait du bien de sentir l’humidité chaude autour de son sexe. Le fait d’être aussi serré lui procurait de vives sensations. Il haleta, en ferma presque les yeux, et vit la même passion sur le visage sous le sien.
— S’il te plaît, Hirako… Je t’en prie, va plus vite…
— Comme tu veux…
Hirako plaça alors ses deux bras autour du visage de l’oranger et se mit à bouger de plus en plus vite. Les gémissements s’allongèrent. Ichigo voyait des taches blanches dans son champ de vision chaque fois qu’Hirako touchait sa prostate. Il enroula ses bras autour de sa taille, caressa le bas des reins du blond et ses fesses, redressées sur ses avant-bras.
Les mouvements d’Hirako devinrent plus violents, extrêmement rapides. Les halètements des deux hommes se firent plus courts et plus lourds. Ichigo et Shinji se regardèrent au même moment… Ils se comprirent et, dans un dernier gémissement sourd, se libérèrent en même temps.
Hirako s’effondra sur le torse devant lui. S’il avait su que c’était si bon avec un homme, il l’aurait fait avant… Non ! C’était parce que c’était avec « lui » ! Il leva le visage et rencontra le reflet de ses yeux ambrés. Il caressa ses lèvres des siennes. Il aimait le contact des lèvres d’Ichigo. Elles étaient si douces et accueillantes. Quoique parfois mordantes aussi, si on les poussait à le devenir.
— Shinji… j’ai mal au dos…
— Je dois me lever ?
— Ça se voit que c’est pas toi, en dessous… La prochaine fois, on reviendra et c’est moi qui serai au-dessus !
— C’est un entraînement comme un autre.
— Salaud… Tu vas voir…
Ichigo repoussa le blond, se retrouva au-dessus de lui et pesa de tout son poids sur lui.
— Tu fais moins le malin…
— OK… c’est bon, j’abandonne.
— … Pas beaucoup de résistance. Tu te ramollis, Shinji.
— Boucle-la !
— Non… c’est intéressant !
— Ichi… on rentre ?
— … Il le faut !
Ichigo se redressa et s’essuya comme il put, puis remit ses vêtements. Hirako faisait la même chose. Franchement, l’oranger gémit… Il avait l’impression que ça le grattait partout, et il avait mal partout. « Merde ! J’arriverai jamais à rentrer ! »
Shinji vit le malaise du roux malgré l’obscurité. Il s’approcha de lui et lui prit la main…
— Viens…
— Ça me gratte…
— Tu prendras une douche en rentrant… Je vais t’aider, viens…
Hirako tira Ichigo à lui et les propulsa vers Oxford avec toute la rapidité dont il pouvait faire preuve. Il savait que c’était doublement inconfortable pour lui. Ils revinrent assez rapidement, presque aussi vite que lorsqu’ils étaient partis. Il déposa le Vizard roux devant la douche.
— Voilà… Je vais pouvoir te frotter le dos !
— T’es sûr que c’est qu’une douche ?
— J’en peux plus… J’ai juste envie de te prendre dans mes bras pour dormir !
Ichigo se déshabilla rapidement et secoua ses vêtements, pleins de sable. Il râla entre ses dents. Comment ça pouvait s’accrocher à une âme ? Il rentra sous la douche et sentit, derrière lui, le glissement du corps d’Hirako contre le sien. Il fit couler l’eau, et sentit les mains expertes du blond le frotter. Il se laissa faire. Il plaqua ses mains sur le mur et baissa la tête. Il entendit, contre son oreille, la voix de son amant :
— Tourne-toi !
Ichigo se tourna lentement pour ne pas tomber, et rencontra les yeux bruns d’Hirako. Ils exprimaient tant de tendresse à son égard. Il sentait tout cet amour pour le blond. Il glissa ses bras autour de son cou et l’embrassa. Il voulait jouer avec son piercing.
— Ichi… je voudrais dormir…
— Ta faute…
— Bien sûr… Allez, laisse-toi faire gentiment, ou je t’attache !
— Ça, je l’ai prévu pour toi…
— Quoi ?
— T’attacher…
— Crève…
— Tu me laisseras faire ?
— Pas question…
— Hum… qui a peur, maintenant ?
— Commence pas !
Shinji avait fini de frotter le corps du roux. Ce dernier entreprit de lui rendre la pareille. Il le fit tendrement, en explorant tous les contours. Cela détendit le Vizard plus vieux, qui soupira presque.
— Je m’endormirai… presque !
— Hum…
Ichigo coupa l’eau et les deux hommes sortirent de la douche, chacun prenant une serviette. Ichigo retourna dans son corps et se glissa dans un pyjama. Shinji le rejoignit. Le roux s’adossa contre le mur et souleva la couverture…
— Viens ici, Hirako !
— Je vais crever de chaud avec toi, encore !
— Te plains pas et viens…
— T’es pressé ?
— Me taquine pas… râla Ichigo.
Finalement, Hirako se glissa sous la couverture et apprécia les deux bras qui l’enlacèrent. Il se blottit contre Ichigo. Le blond tendit la main et éteignit la lampe de chevet. Dans le noir relatif de la chambre, la lumière des réverbères passait à travers les lamelles des volets. Ils pouvaient se regarder. Ichigo glissa ses doigts dans les cheveux d’Hirako.
— Tu aimes mes cheveux ?
— Oui… Je les trouve agréables. Ils sont fins, doux et soyeux… et j’aime leur odeur.
— Je les avais longs, avant…
— Ah oui ? Et comment ?
— Genre très longs… en dessous des fesses, pour être précis !
— C’est vrai ? …
— Quoi ?
— Rien…
— Si… Tu penses à quelque chose…
— Non… Arrête d’être paranoïaque !
— Je ne suis pas paranoïde ! Tu as une idée en tête…
— Non, aucune… Dors, Hirako ! Demain, j’ai des fiches à rendre et je dois aller en cours.
Hirako n’insista pas… Mais il savait très bien à quoi pensait Ichigo. Il avait déjà replongé ses doigts dans les cheveux de Shinji. C’était inconscient… Il essaierait d’en avoir le cœur net. Son amant s’était endormi. Il l’embrassa sur le front et bâilla. Il tirerait cette affaire au clair le lendemain matin… enfin, à son réveil… Il tomba dans les bras de Morphée, lui aussi…

Un mot, une critique… ou un pavé, j’assume 😄 (et je lis tout !)