Dimanche 7 décembre 2008
Shinji posa ses affaires dans sa chambre. Il habiterait, le temps du séjour de la famille d’Ichigo, chez une Vizard vivant aux alentours d’Oxford. Il sentait d’ici le reiatsu instable de son amant.
Il avait peur que cela finisse mal. Il prit une boîte de pilules avec lui et prit soin d’emporter son zanpakutō. Il soupira et s’élança par la fenêtre. Il traversa rapidement la distance qui le séparait de l’appartement d’Ichigo. Il s’arrêta net… Il sentit le reiatsu d’Ichigo se transformer.
« Putain ! » songea-t-il.
Il se précipita dans la direction d’où provenaient les effluves puissantes de reiatsu.
« Même ses bracelets ne peuvent plus contenir son énergie spirituelle. »
Il vit, en une fraction de seconde, son amant face à une adolescente. Il le vit se diriger vers la jeune humaine pour la tuer. Elle semblait effondrée. Il arriva juste à temps… pour l’assommer !
Hirako recueillit le corps de son amant dans le creux de ses bras. Il soupira et regarda la jeune fille, hagarde. Ses yeux dévisageaient l’orangé et lui, tour à tour.
— Vous pouvez partir ! fit Shinji.
— Mais… mais c’est mon frère !
— Oh ?… Eh bien, nous allons le ramener chez lui !
— M… merci !
— Allons-y.
Hirako souleva Ichigo. Une chance qu’il ne soit pas loin de chez lui. Il arriva dans le hall d’entrée et croisa Colin, qui ouvrit de grands yeux, surpris. Il se précipita pour les rejoindre.
— Oh… Monsieur Shinji. Je suis vraiment content de vous voir. Je vais vous aider à le porter.
— Non, je m’en charge. Le ton était péremptoire.
— Attendez, je vais vous ouvrir l’appartement, alors.
— Merci ! grogna le Vizard.
Ça lui coûtait de dire ça… Mais bon, il veillait sur Ichigo. Ils entrèrent dans la salle d’Ichigo quelques minutes plus tard. Beaucoup d’affaires traînaient à droite et à gauche. Il déposa le jeune homme dans sa chambre. Yuzu regardait le blond se diriger avec assurance vers la chambre d’Ichigo.
— Vous avez l’air de bien connaître Ichigo.
— C’est son petit ami ! déclara Colin.
Shinji leva les yeux au ciel et se tourna vers les deux humains restés à la porte. La jeune fille parut choquée. Hirako déclara froidement :
— Si vous voulez bien nous excuser, Colin…
— Bien sûr. Si vous avez besoin de moi, je suis dans ma loge… Mais je suis heureux de votre retour. Il n’allait plus très bien depuis votre départ !
— Je le sais… fit doucement le blond.
Il congédia l’homme et ferma la porte derrière lui. Il retourna dans la chambre où la sœur d’Ichigo s’était mise à genoux, à côté de son frère. Elle se tourna vers lui.
— C’est vrai ?
Hirako ne lui répondit pas. Il sortit alors des pilules et se dirigea vers Ichigo. Il demanda à la jeune fille :
— Apportez-moi de l’eau, s’il vous plaît.
— J’y vais tout de suite…
Elle bondit hors de la pièce. Le blond se tourna vers son amant et ses yeux s’obscurcirent légèrement. Il passa une main dans ses mèches indisciplinées. Il caressa doucement le visage inconscient. Il sentit une présence à côté de lui. Il leva les yeux et croisa des yeux bruns, très doux.
— Qui êtes-vous ?
— Shinji Hirako. Et vous ?
— Yuzu Kurosaki… Mon frère et vous… vous êtes vraiment ensemble ?
— … Vous voulez absolument me le faire dire ? C’est vrai.
Il l’avait dit de mauvaise grâce. Il n’avait pas envie d’en parler avec la famille d’Ichigo. Il tourna les yeux vers Ichigo, qui semblait souffrir.
— De quoi souffre-t-il ? demanda Yuzu.
— Qu’est-ce que vous savez sur votre frère ?
— Que… que…
— Je suis un ancien shinigami et je suis actuellement un Vizard.
— Oh… Alors vous êtes comme mon frère ?
— Exactement !
— … Pourquoi je vous vois, alors que je ne vois pas mon frère normalement ?
— Parce que je porte un gigai !
— Oh… je comprends mieux !
— Pour en revenir à votre frère… disons qu’il a subi un choc émotionnel important. Et son Hollow revient pour prendre sa place. En ce moment même, il lutte pour cela. J’ai apporté de quoi l’aider…
— Vous… vous aussi, vous avez dû lutter comme il le fait ?
Le regard du blond devint lointain.
— Il y a plus d’un siècle…
— Oh… vous êtes si vieux ?
Shinji leva un sourcil et la foudroya du regard. Yuzu reprit :
— Il y a vraiment une grosse différence d’âge entre vous.
— Vaut mieux que tu ne saches pas mon âge, maugréa le blond. Tu pourrais m’accuser de pédophilie !
— Pardon ?
— Rien… rien…
— Il… il va réussir à le battre ?
— Y a intérêt !
— On peut l’aider ? demanda Yuzu, mal à l’aise.
La voix de la jeune fille était soucieuse. Elle scruta le visage de son frère. Elle avait vu qu’il n’allait pas très bien. Sa sœur et elle en avaient discuté brièvement et l’avaient trouvé fatigué. Le lendemain, il commençait à travailler de nuit à l’hôpital et ne semblait pas du tout en état de le faire. Son père aussi se préoccupait pour son fils. Il ne disait rien, mais Yuzu avait bien vu les regards discrets derrière son visage souriant.
Ils entendirent un gémissement. Hirako se tourna vers son amant. Ichigo ouvrit lentement les yeux et se frotta le sommet du crâne. Il avait l’impression qu’on lui avait ouvert en deux la boîte crânienne. Il entendit une voix moqueuse qu’il aurait reconnue entre toutes.
— Ma Belle au bois dormant se réveille enfin !
Ichigo voulut se redresser, mais n’émit qu’un gémissement entre les dents.
— Shinjiii… Sa voix était faible. Je suppose que c’est toi qui m’as ouvert le crâne ?
— Toujours prêt à te rendre service ! fit-il, moqueur.
— Je vais te tuer ! grogna Ichigo, une main sur ses yeux.
Il avait l’impression que le lit tanguait.
— Bien sûr ! Je reviens exprès plus vite et voilà comment tu m’accueilles. Si j’avais su, je serais resté avec les autres…
Ichigo leva lentement la main et observa les yeux bruns du blond, où il pouvait lire une certaine tendresse. Il lui adressa un doux sourire.
— Tu es revenu plus vite ?
— Hum… Les autres arrivent la semaine prochaine, ou dans une dizaine de jours.
— Pourquoi ?
— Parce que je ne dormais plus, idiot ! Je sentais que tu allais de plus en plus mal, et les autres voyaient bien que je n’arrivais plus à me concentrer. Tu as vu dans quel état tu m’as mis…
—Hirako, je suis désolé…
— Qu’est-ce que tu racontes comme connerie, encore ?
Il se releva légèrement et attrapa le verre d’eau. Il sortit des pilules… et en prit deux. Vu l’état dans lequel se trouvait Ichigo, il valait mieux qu’il s’en occupe sérieusement.
— Tiens, tu me prends ça !
Ichigo se releva lentement et s’assit sur le lit. Il prit les comprimés et les avala avec le verre d’eau. Sa tête lui tournait moins et, soudain, il vit sa sœur.
— Yuzu… je suis désolé !
— Nii-san… j’étais tellement inquiète.
— Tu as failli la tuer ! maugréa Shinji.
— C’est pas vrai…
— C’est vrai, Hirako ? demanda Ichigo, paniqué.
— Non… Oui… Yuzu et le Vizard avaient répondu en même temps.
Ichigo leva des yeux troublés sur sa sœur…
— Je suis désolé, Yuzu.
— Écoute, Ichi-nii, tu ne m’as rien fait du tout. Tu n’as pas à t’inquiéter.
Elle lança un regard d’avertissement au blond. Hirako haussa un sourcil. Que lui voulait cette crevette ?
— Ichi-nii, je prendrai soin de toi, tu verras !
— Très bien… Pendant votre séjour, veillez à ce qu’il prenne, au moins les trois premiers jours, une pilule. Si vous voyez qu’il recommence comme tout à l’heure à vouloir vous assassiner, vous lui en donnez une tout de suite, même s’il en a déjà pris une.
— Mais…
— Taisez-vous ! Vous l’aidez ou non ?
— Oui…
— Très bien ! Donc, veillez à ne pas l’énerver, conduisez-vous normalement et ne lui rappelez pas son passé. Ah, évitez d’en parler à Isshin… il pourrait changer son comportement et Ichi n’a pas besoin de cela.
— Je ne suis pas un bébé… Hirako !
— Quoi qu’il en soit, pendant votre séjour ici, vous le surveillerez pour moi et je prendrai le relais une fois que vous serez repartis.
— Hirako… Tu m’écoutes, à la fin ! s’énerva Ichigo.
— Non !
— Pardon ?
— Tu n’as pas voix au chapitre ici. On s’inquiète pour toi et, que tu le veuilles ou pas, tu as besoin de nous tous pour t’en sortir !
— Mais qu’est-ce que je suis, à la fin ? Un bébé qui a besoin de baby-sitting ?
— Tu es la personne la plus importante pour moi, Ichi. Ai-je besoin de te le rappeler ?
La voix du Vizard était tout à fait sérieuse. Hirako posa une main sur la mâchoire du plus jeune, qu’il caressa doucement.
— Ichi… j’ai eu très peur…
Yuzu, se sentant de trop, sortit de la pièce. Ichigo voulut la retenir, mais Hirako posa son pouce sur sa bouche. Il attendit que la porte soit fermée et laissa parler ses vraies émotions. Il se pencha en avant et prit le jeune homme dans ses bras.
— J’étais tellement inquiet. Si tu as de nouveau des problèmes comme ça, appelle-moi ! Qu’importe le jour, la nuit, l’heure… Mais ne me laisse plus comme ça. Je… je ne vivais plus en sachant que tu allais très mal et que tu essayais de me le cacher.
— Hirako… pardon… je ne voulais pas t’inquiéter, ou…
— Ccchhhuuuuutttt !!!
Hirako posa son front contre celui de l’orangé. Leurs yeux se croisèrent… Ils trouvèrent la souffrance de l’autre au travers de ce contact. Hirako se pencha soudainement vers Ichigo et prit ses lèvres avec passion. Les lèvres souples de l’étudiant lui répondirent immédiatement.
Le blond se rapprocha du corps à moitié allongé. Il le tira à lui et passa une main derrière son cou. La nuque du roux s’inclina sous la douce pression. Hirako approfondit le baiser en faisant glisser sa langue dans la bouche de son amant. Ce dernier ne se fit pas prier pour lui laisser le passage.
Le blond partit immédiatement à la redécouverte de cette bouche qui lui avait tellement manqué. Il en explora tous les recoins et se reculait pour mieux reprendre ensuite son exploration.
Lentement, le corps d’Ichigo glissa sur le lit. Il avait passé les mains dans les cheveux de son amant. Shinji se détacha pour reprendre son souffle. Il ne le reconnaîtrait pas mais il aimait tellement sa petite fraise. Le savoir dans cet état, être loin… et la durée de la séparation… c’était insupportable !
Ichigo attira son visage à lui. Ses lèvres reprenaient l’exploration qu’Hirako avait abandonnée plus tôt.
— Tu m’as tellement manqué, Hirako… fit le Vizard d’une voix rauque.
— Je te suis indispensable ? essaya d’ironiser Shinji.
— Oui… tellement que c’en est effrayant ! chuchota Ichigo.
Ses yeux débordaient d’amour pour le blond. Ce dernier en fut stupéfait. Cela le rendit encore plus désirable aux yeux du Vizard blond. Il embrassa doucement ses yeux, son nez, sa bouche, son menton, sa gorge… Il remonta à son oreille, lentement. Il sentait le souffle du roux contre ses cheveux.
— Je ne t’avouerai pas mes sentiments… À chaque fois que je le fais, la personne en meurt, et je ne veux pas que tu meures, Ichi. Sache que je tiens à toi comme je n’ai jamais tenu à quelqu’un dans ma vie. Que je mourrais pour toi, s’il le fallait…
— Hir…
— Non, laisse-moi finir ! Alors, ne t’attends pas à de grandes déclarations et ne me le demande pas, gamin. Faisons en sorte que notre histoire soit belle, que nous n’ayons aucun regret.
Hirako plongea ses yeux brun clair dans les yeux ambrés. Ichigo sentait tout l’amour que le blond éprouvait pour lui. Il frissonna…
— Hirako… laisse-moi te dire ce que j’éprouve pour toi…
— Je le sais…
Shinji avait posé son index légèrement sur la bouche d’Ichigo. Ce dernier le prit lentement entre ses lèvres et le mordilla, avant de le relâcher.
— Parfois, les mots sont inutiles, Ichi. Nous savons très bien tous les deux ce que nous représentons l’un pour l’autre.
En même temps qu’il parlait, il caressait lentement le visage avec ses pouces.
— Ton père revient, je vais te laisser. Mais je veux te voir demain… Quand pourras-tu venir me voir ?
Ichigo fit une grimace.
— Je ne sais pas. Demain soir, je vais commencer mon premier jour de travail à l’hôpital. Et mes sœurs et mon père sont là…
— Je passerai te voir lorsque tu auras fini de bosser. Tu as prévu de finir à quelle heure ?
— 7 heures du matin !
— ’tain ! C’est quoi, cet horaire ?
— Je commence à 21 h…
— Non, je viendrai te chercher. C’est où ?
— C’est l’hôpital qui se trouve à côté de la fac.
— OK… je viendrai ! Repose-toi… chuchota Hirako contre sa bouche.
Il lui donna un dernier baiser et se leva. Ichigo se redressa et se tint la tête.
— Hirako… arrête de m’ouvrir le crâne.
— Quand y a urgence…
— Merci…
— Tu me le redis, je te l’ouvre définitivement…
Hirako se dirigea vers la fenêtre et sortit. Il jeta un dernier coup d’œil au Vizard orangé et, voyant son air tout à fait normal, lui sourit légèrement.
— À bientôt, Ichi…
Et il disparut grâce au shunpō. Ichigo observa la rue tranquille. Le soleil luisait doucement. Mais, pour lui, la lumière inondait la rue. Il retourna s’asseoir sur son lit. Il défit sa veste et s’allongea à moitié.
La porte s’ouvrit brutalement et son père entra dans la pièce.
— Fils ! Tu es fatigué ? Repose-toi, alors… Demain, tu vas travailler de nuit. Yuzu fait la cuisine, on t’appelle quand c’est prêt. Tu veux dormir dans le lit ?
— Non… le futon est très bien… Merci, papa ! fit soudain Ichigo.
— Pourquoi ? fit son père, surpris.
— De me laisser dormir !
— Ichi, je m’inquiète pour toi… Tu ne m’as pas l’air heureux, ou… tu es fatigué… Enfin, je me demande si c’était une bonne idée de te faire venir à Oxford !
— Oui… c’était la meilleure chose à faire. Je suis heureux, mais juste fatigué. Je suis désolé si je ne suis pas au meilleur de ma forme.
— Allez, va dormir. Je vais te laisser dormir, j’ai décidé d’emmener tes sœurs au théâtre ce soir ! Toi… tu es interdit de sortie !
Ichigo sourit… Il retira ses chaussures et se déshabilla pour se mettre à l’aise. Il entra dans son futon et ferma les yeux. Son père partit fermer les doubles rideaux que Yuzu avait achetés pour décorer sa chambre. Il quitta la pièce en jetant un dernier coup d’œil à son fils, qui s’était déjà endormi.
Contre quoi se battait-il ? Était-il réellement heureux ? Et c’était quoi, cette lueur qu’il avait vue dans son regard, alors qu’avant de partir, ses yeux semblaient éteints ? Pourvu qu’il ait fait les bons choix pour lui. Le rôle de parent n’était vraiment pas facile… Si seulement Masaki était là pour le conseiller. Il lâcha la poignée et taquina ses filles, qui le regardaient, soucieuses.

Un mot, une critique… ou un pavé, j’assume 😄 (et je lis tout !)