Ukitake attendait patiemment le rapport des diverses divisions. Il attendait de pied ferme le capitaine de la 10e division. La porte s’ouvrit et le soutaïcho se retourna, croisant les yeux bruns de Kurosaki Isshin.
Ukitake attaqua d’entrée de jeu.
— Vous avez senti ce reiatsu ?
— Oui…
— Et ?
— J’ai cru qu’il s’agissait de celui d’Ichigo ! La voix d’Isshin était fatiguée.
— C’est également ce que j’ai ressenti… Est-ce que…
— Impossible ! fit Isshin.
Le ton était catégorique. Il respirait difficilement. Depuis qu’il avait entendu, par l’intermédiaire du Soul Pager, les derniers instants de son fils… Isshin était devenu un homme brisé par le chagrin ! Sa femme et son fils étaient morts dans des conditions atroces, mais cela avait été atténué par la présence de la seule personne qu’il avait aimée à ce moment-là. Il n’avait même pas pu le remercier, d’ailleurs… Il était mort quelques instants plus tard.
Bien sûr, maintenant, ses filles étaient des shinigamis. Mais ce n’était pas pareil, plus pareil… le vide laissé par la présence du jeune homme les avait profondément blessés, laissés à vif ! Aucun d’entre eux ne s’en était réellement remis. D’autant qu’Isshin s’en voulait de l’avoir ramené contre son gré à la Soul Society. Alors, quand il avait ressenti plus tôt cette énergie spirituelle si particulière… Son cœur s’était empli d’espoir ! Pour lui faire comprendre quelques instants plus tard que c’était du domaine de l’impossible.
La réunion des capitaines commença quelques minutes plus tard et une enquête fut ordonnée.
°0°0°0°
Ichigo tomba malade. Tellement qu’il ne pouvait plus bouger. Grimmjow, Hirako et Byakuya se relayaient au chevet du jeune homme jusqu’au jour où ils virent débarquer, dans la maison de la grand-mère d’Ichigo, le capitaine de la 11e division accompagné d’un homme brun qui n’avait vraiment pas l’air d’un guerrier et qui tenait contre lui une sacoche.
— Yo ! Où est le gosse ?
— Dans sa chambre ! fit la grand-mère impressionnée par l’homme.
— Conduisez Hanataro auprès d’Ichigo.
— …
— C’est le 3ème siège de la 4ème division.
— Très bien… suivez-moi ! fit Byakuya.
Hanataro était très troublé. L’adolescent ressemblait énormément à Byakuya Kuchiki. En repensant à Ichigo, il se demanda…
Quand il vit le jeune garçon dans le lit, il s’empressa de l’ausculter. Byakuya se mit dans un coin en attendant que l’homme finisse ses soins.
°0°0°0°
La porte de la maison vola en éclat et un homme de très haute stature apparut sur le pas de la porte. Ikkaku sortit son zanpakutō et l’abattit sur lui. Le coup fut immédiatement paré par l’homme aux cheveux rouges.
— Putain ! Mais tu fais quoi ici enfoiré !
— Ta gueule ! Je sais que c’est lui… Salaud ! Tu me l’as caché !
— De quoi tu parles ! Tu décaroches Abaraï… Non, tu deviens sénile.
— J’étais son meilleur ami !
— Mon cul !
— Excusez-moi messieurs… fit la voix de la grand-mère d’Ichigo.
Les deux capitaines se retournèrent et regardèrent, surpris, la petite femme.
— Mon petit-fils est malade… Pourriez-vous faire moins de bruit ! S’il vous plaît…
— Excusez-nous, fit Renji, contrit.
Les deux capitaines se faisaient face. Grimmjow et Hirako étaient impressionnés malgré eux. Ils avaient certes rencontré le capitaine de la 11ème division, mais celui de la 3ème division était proprement impressionnant par sa taille et par sa carrure. Renji reprit calmement :
— Salopard ! Je savais que tu cachais quelque chose à la réunion de ce matin. Depuis quand tu savais ? Où est-il ? Et que tu veuilles ou pas, je suis son ami aussi…
— Boucle-la un peu, grande gueule ! Tu vas alerter tout le voisinage… Et je suppose que, comme à ton habitude, tu as dû être vachement discret ! Crétin de capitaine rouge !
— Ta gueule ! J’ai pas de leçon à recevoir de toi… je te signale ! Tu n’as répondu à aucune de mes questions.
Renji sentit la moutarde lui monter au nez… quand une voix d’une froideur extrême intervint :
— Abaraï Renji, pourriez-vous s’il vous plaît arrêter de faire autant de tapage ? Il y a une personne malade et comme le signalait le capitaine de la 11ème division avec votre remue-ménage, vous allez provoquer les soupçons du voisinage.
Stupéfait, Renji se retourna et rencontra Kuchiki Byakuya en miniature ! Sa mâchoire tomba et le cloua sur place.
— Franchement, je suis trop content que vous ressembliez au capitaine Kuchiki. Au moins ça l’a calmé, fit Madarame.
Il ferma la porte calmement et se retourna vers le jeune adolescent pour lui demander :
— Alors, il dit quoi, Hanataro ?
— Il avait besoin de silence pour pouvoir l’ausculter correctement. Maintenant, c’est chose faite !
Les yeux anthracite toisèrent le capitaine de la 3ème division qui était toujours sous le choc ! Ikkaku lui donna une tape dans le dos et lui dit :
— Maintenant, regarde par là, ces deux-là !
Renji tourna la tête et rencontra les yeux de Grimmjow et d’Hirako. Sa mâchoire tomba à terre ! La seule chose qu’il put dire c’est :
— Putain !
— Comme tu dis…
Se tournant vers la grand-mère, Ikkaku dit :
— S’il vous plaît, Madame, pourrions-nous avoir du thé ?
— Mais bien sûr ! fit la vieille dame trop contente de s’activer face à ces deux hommes qui avaient rempli tout l’espace avec leurs corps impressionnants.
Renji se reprit et s’installa sur le banc devant la table qui occupait le centre de la pièce.
— Alors, c’est lui ? Vraiment lui ?
— Oui ! Mais il ne se souvient de rien… ou alors par intermittence.
Renji se prit la tête dans les mains. Il tremblait tellement la joie avait inondé son cœur. Il n’en revenait pas.
— Je te signale qu’Ichigo n’a que 12 ans, enfin, pas encore… Alors ne va pas me le perturber. Déjà, là, avec tout le tapage que vous faites, le pauvre en est tombé malade.
— Oui… mais tu sais que le Soutaïcho le recherche…
— Boucle-la ! Il ne faut pas qu’il sache qu’il est vivant. Imagine ce qu’il lui ferait encore faire ! Il n’a que 11 ans et quelques brouettes ! T’as bien vu la dépression qu’il nous a faite pendant quelques années… Je veux pas encore récupérer une loque !
— Ouais ! T’as raison… Mais ça va être difficile de le cacher.
La voix froide se fit entendre à nouveau…
— Le meilleur moyen, c’est que vous ne veniez pas ici comme dans un moulin. Et surtout la discrétion serait préférable.
— T’as raison, le mioche ! Mais va faire comprendre ça à ce crétin… fit Ikkaku en désignant Renji.
— T’as pas fini ? Je trouve que tu ramènes un peu plus ta grande gueule qu’à un moment donné Ikkaku.
— Parce que je suis trop content d’avoir retrouvé l’un d’entre eux !
— Je voudrais le voir… fit soudain Renji. Il s’était redressé.
Mais la grand-mère se plaça devant lui et lui dit de son mètre quarante-cinq et ses 34 kilos tous mouillés :
— Asseyez-vous jeune homme et buvez votre thé ! Laissez le médecin faire son travail. Vous aurez le loisir de le rencontrer plus tard !
Ikkaku éclata de rire et se prit un coup de plateau sur le crâne par la mémé, qui commençait sérieusement à en avoir plein le dos de cette équipe de bras cassés ! Ikkaku la menaça avec son regard de la mort, mais la vieille ne se démonta pas et brandit son plateau en hêtre massif certifié !
— Essayez pour voir ! Et je vous jette dehors ! s’exclama-t-elle, exaspérée.
Cette fois-ci, c’est Renji qui éclata de rire… Enfin, silencieusement. Il n’avait pas envie de se prendre le lourd plateau sur le coin de la tête. On ne sait jamais, elle pourrait être dangereuse, la vieille !
Ne faisant pas attention, Renji prit sa tasse de thé et la porta à ses lèvres… Il recracha immédiatement le liquide brûlant… Il venait de se brûler au troisième degré et s’était pris en prime un coup de plateau sur le coin de la tête…
Et la voix froide de Byakuya résonna :
— Chouette ! On a même droit à un goûter spectacle !
Renji, qui ne savait plus s’il avait mal aux lèvres, à la tête ou à son orgueil, foudroya l’adolescent d’un regard meurtrier ! Ikkaku, qui tenait sa revanche, avait un sourire carnassier au coin des lèvres.
— Bien fait pour ta gueule !
— Écrase-toi ou…
Un plateau en bois commença à s’agiter et les deux capitaines se rassirent immédiatement, sagement, sur leurs sièges. On entendit une mouche voler !
— Je ne tolérerai plus aucun bruit intempestif chez moi, menaça la vieille. Les gamins sont plus sages que vous…
Les deux capitaines se retournèrent, surpris, et virent que les trois adolescents les regardaient, pour le moins stupéfaits. Voyant le ridicule de la situation, les deux capitaines se redressèrent et se conduisirent comme de parfaits gentlemen jusqu’au retour d’Hanataro.
Ce dernier revint finalement. Il avait l’air soucieux.
— Que se passe-t-il ? demanda Ikkaku.
— Il a reçu un choc émotionnel important. Je pense qu’il a eu trop d’informations d’un coup et surtout qu’il ne les accepte pas. Je pense qu’il serait préférable qu’il se repose un maximum. Et surtout, de ne pas créer de nouveau choc émotionnel ni d’émotions intenses. Le pauvre est complètement perdu.
— Bon, tu dégages Renji !
— Pourquoi ?
— Vu comment t’es calme… C’est sûr qu’il va nous péter une durite avec toi dans les parages.
— Je pense, fit la grand-mère d’Ichigo, que vous devriez revenir beaucoup plus tard, tous les deux, pour lui parler. Je suis sûre qu’il finira par accepter, je ne sais pas quoi, mais qu’il acceptera à condition que vous lui laissiez le temps de s’imprégner de tout ce que vous avez pu lui dire. Je voudrais aussi vous dire… Je vous accepte, vous, dans ma maison, mais je refuse que d’autres shinigamis entrent ici, car cette fois, ce sera avec mon plateau en or massif que je vous recevrai !
— Vous avez ça ici ? fit Renji et il regarda autour de lui la modeste demeure de la vieille.
Ikkaku secoua la tête doucement…
— Putain ! Ils ont accepté un capitaine aussi crédule que toi ! Comment t’as passé les sélections ? Tu les as payés avec quoi ? Ou bien y avait une méga-fête la veille et ils étaient trop bourrés pour remarquer quoi que ce soit ! Allez… avoue maintenant, je te promets que je dirai rien ! fit Ikkaku, ironique.
— Ne prends pas ton cas pour une généralité, Ikkaku ! dit Renji en maugréant.
Les deux capitaines sortirent en s’engueulant à mi-voix ! La grand-mère les suivait avec son plateau, prête à leur faire la fête. Hanataro s’inclina vers la vieille dame et la remercia pour son hospitalité. Cette dernière lui dit aimablement :
— Vous pouvez revenir quand vous voulez, vous ! Vous serez toujours le bienvenu.
— Merci, Madame ! fit le 3ème siège, heureux.
Les deux capitaines lui lancèrent des regards meurtriers ! Hanataro se tassa un peu sur lui-même.
°0°0°0°
Byakuya était retourné dans la chambre d’Ichigo et avait pris une chaise pour s’installer à côté de lui. Il le scruta, pensif. Comment pourrait-il l’aider ? Il entendit des bruissements à côté de lui et il ressentit les reiatsus de Grimmjow et d’Hirako.
— On retourne à l’Académie demain… Comment fait-on ? demanda Grimmjow.
— J’étais en train d’y réfléchir, répondit calmement le brun.
— Je m’occuperai de lui, fit la voix douce de la grand-mère. Je veillerai à ce que rien ne lui arrive. Et je vais lui interdire ces escapades matinales… déjà, ça devrait calmer toute l’agitation. Faites vos études calmement. Vous vous occuperez de lui lorsque vous reviendrez aux prochaines vacances.
— Mais c’est dans trois mois ! s’exclama Hirako.
— Ne vous en faites pas… Tout se passera bien, dit en souriant la vieille dame, confiante.
Byakuya tourna la tête vers l’orangé qui dormait d’un sommeil agité. Il se pencha et prit une de ses mains dans les siennes dans l’espoir que cela le calme. Quelques minutes plus tard, le garçon parut apaisé.
— Byakuya, je viendrai prendre le relais tout à l’heure. Il faut que tu te reposes aussi.
— Non, je vais m’occuper de lui, fit la grand-mère. Vous allez sortir et préparer vos affaires pour demain. Cessez de vous inquiéter pour lui. On dirait trois mères poules couvant un seul poussin. Allez, ouste… Vous reviendrez aux prochaines vacances.
La grand-mère les congédia.
°0°0°0°
Le groupe d’adolescents prit la décision d’étudier d’arrache-pied pour maîtriser le plus d’arts possible. Il fallait protéger Ichigo maintenant. Ce n’était plus une question de prestige personnel. Même s’il s’agissait de la réincarnation d’Ichigo Kurosaki, leur ami était un gamin de 12 ans qui n’avait rien demandé !
Il était hors de question qu’on les mette de côté ou qu’ils soient plus faibles que lui… Ils allaient se donner à fond dans leurs études, c’était décidé ! Celui qui aurait les meilleurs résultats serait celui qui serait le plus proche de l’orangé.
On peut dire que la motivation était à son maximum… Tous étaient bien décidés à être « celui » qui serait le plus proche du jeune garçon.

Un mot, une critique… ou un pavé, j’assume 😄 (et je lis tout !)