Ichigo se dirigeait vers la 11ème division. Il avait promis à sa grand-mère de devenir fort. Il lui avait aussi juré de se servir de ses souvenirs pour s’améliorer, et surtout d’éviter de retomber dans les mêmes pièges que dans sa vie précédente. Et, surtout, de ne faire confiance qu’à ses amis du Rukongaï.
Ichigo arriva devant le mur d’enceinte, le grimpa rapidement, puis traversa la 11ème division. Plusieurs shinigamis le reconnurent et vinrent prendre de ses nouvelles. Ils savaient tous qu’il avait été malade. Il rassura tout le monde. Le roux se dirigea directement vers le bureau d’Ikkaku. Arrivé devant la porte, il ressentit l’énergie spirituelle d’un autre shinigami… Renji ! La signature de son reiatsu n’avait pas changé. Ichigo sourit, amusé d’utiliser ses souvenirs de cette manière.
Il frappa quelques coups discrets. Ichigo entendit un « entrez » impatient d’Ikkaku. Il ouvrit la porte et entra dans le bureau. Il salua poliment Ikkaku, puis se tourna vers Renji, qui le regardait, la bouche ouverte !
— Renji… tu vas finir par gober les mouches à rester la bouche grande ouverte comme ça, fit Ichigo, ironique.
— ’tain… c’est vraiment toi ?
— Oui et non ! fit le jeune garçon.
Puis, se tournant vers Ikkaku, il ajouta :
— Je suis venu reprendre mon entraînement là où je l’avais laissé. Je veux devenir fort !
Ikkaku lui adressa un sourire carnassier.
— Ce que j’aime chez toi, c’est que tu ne te morfonds pas longtemps. Ok… Quand tu veux !
— Aujourd’hui. Ça te dérange si je prends Zangetsu ?
— Bien sûr que non !
— Quoi ?! Tu as déjà récupéré ton zanpakutō…
Renji était sidéré.
— Bien sûr !
— Tu crois quoi ? Qu’il fait du camping ?
— Non… mais…
— Je vais au dojo. Après, j’aimerais m’entraîner avec toi, mais avec des épées en bois. Pour l’instant, Zangetsu est trop grand pour moi et je ne voudrais pas te blesser inutilement.
Ichigo arborait un léger sourire.
Ikkaku haussa un sourcil devant l’ironie du jeune garçon.
— Toi, tu as récupéré une partie de ton ancienne mémoire.
— Une petite partie… souffla Ichigo.
Le jeune garçon baissa la tête et fronça les sourcils. Finalement, il regarda Ikkaku et déclara :
— Je ne veux plus être celui que j’étais avant. Je veux être le « moi » de maintenant. Même si j’ai certains souvenirs d’avant, je ne suis plus Ichigo Kurosaki, mais Ichigo Suo !
— Très intéressant ! De toute façon, c’est la meilleure chose que tu aies à faire. Sinon, tu deviendrais fou. Surtout à l’âge que tu as… Déjà, j’admire ta « maturité ». Tu peux pas en filer à Renji, par hasard ?
— Boucle-la, Madarame. Arrête de me faire passer pour un con ! T’es pas plus intelligent que moi, je te signale.
Ikkaku demanda à Renji de sortir avec Ichigo et de l’attendre au dojo. Ichigo, qui savait pourquoi, quitta la pièce. Quant au capitaine rouge, il était surpris, mais il suivit le gamin devant lui. La démarche du jeune garçon était assurée. Il se dirigea immédiatement vers l’aire de combat.
Ils furent rejoints peu de temps après par Ikkaku, qui tenait l’impressionnant Zangetsu.
Renji se demanda comment le gamin allait soulever l’arme. Ikkaku lui tendit le sabre de façon à ce qu’il puisse en saisir la poignée. Ichigo prit son arme avec précaution, agrippa le manche, souleva le sabre sans difficulté et commença à le manier… Il lui semblait « lourd », mais Ichigo ferma les yeux tout en faisant tournoyer son zanpakutō.
« Donne-moi ta force, Zangetsu. Apprends-moi à devenir plus fort ! Que toi et moi ne formions plus qu’un ! Je n’ai plus peur et j’irai de l’avant maintenant, quoi qu’il arrive. Je sais que je suis jeune… je ferai certainement beaucoup de bêtises, mais je compte sur toi, mon ami, pour progresser et devenir le plus fort de tous les shinigamis… »
Ikkaku et Renji observaient le jeune garçon qui, au départ, avait un peu de mal à manier son sabre, quand ils le virent fermer les yeux. Bientôt, Ichigo manipulait son arme avec grâce et aisance. Ils virent le corps du jeune garçon entrer en résonance avec son sabre. Une fine pellicule bleue vint recouvrir son corps, ses yeux se rouvrirent et les deux shinigamis virent qu’ils étaient devenus phosphorescents.
Au moment où ils s’y attendaient le moins, un vieillard mal rasé apparut. Il portait des lunettes et un long manteau tout déchiré, flottant au vent. Ichigo s’arrêta et s’écria :
— Zangetsu !
Renji et Madarame avaient les yeux qui leur sortaient de la tête. Le petit venait de matérialiser la vraie forme de son zanpakutō. Personne n’avait réussi à faire ça aussi jeune. Ichigo se précipita dans les bras du vieillard, qui posa une main sur ses cheveux orange avant de lui dire :
— J’ai entendu, Ichigo. Je t’enseignerai tout ce dont tu as besoin… Je te donnerai ma force et mes pouvoirs. Mais toi aussi, tu dois acquérir tes propres forces et pouvoirs. Je te guiderai pour que, comme tu le souhaites, tu deviennes le plus fort ! N’aie aucune peur : ensemble, nous vaincrons. Je serai l’instrument de tes victoires et de tes combats !
— Je suis tellement content ! Zangetsu… et Shiro ?
Les deux capitaines se regardèrent… Shiro ?
— Il reviendra si tu le souhaites… Mais n’oublie pas que ce pouvoir est à double tranchant. Tu en as beaucoup souffert dans ta précédente incarnation.
— Je le veux ! Mais pas tout de suite… sinon, il ne va pas arrêter de piailler et je ne comprendrai plus rien à ce que tu me diras. Ça ne te dérange pas de partager l’espace avec lui ?
— En fait, je le laisse parler tout seul. Ça n’a pas d’importance. Mais n’oublie pas, Ichigo : je déteste la pluie…
— Oui… je m’en rappelle. J’en ai fait beaucoup tomber avant. Je te promets d’en faire couler beaucoup moins. Et puis, j’ai Byakuya maintenant…
Renji tendit encore plus l’oreille… Ainsi, le gamin qui l’avait rabroué était…
Finalement, Zangetsu réintégra le monde intérieur d’Ichigo. Ce dernier reposa son zanpakutō à terre.
— Ikkaku, on peut commencer à faire des faux combats ?
— Des faux combats ? fit Renji… c’est quoi ?
— En fait, c’est un truc entre lui et moi… fit Ikkaku avec un sourire.
Il se pencha, récupéra deux épées en bois et en tendit une à Ichigo.
Ichigo fit tourner l’arme entre ses doigts pour en sentir le poids, la texture et la taille. Il se déplaça tranquillement, puis se mit soudainement en garde devant Ikkaku. Ce dernier porta immédiatement un coup. Ichigo esquiva et riposta. Ikkaku para et abattit son sabre sur la tête de l’orangé. Celui-ci plaça son arme pour se protéger et, quand Ikkaku voulut relever son sabre, Ichigo lui porta un coup violent à la taille.
Le geste avait été rapide et précis. Ikkaku le sentit passer… mais il reprit aussitôt ses attaques, qui se firent légèrement plus rapides. Le gamin réagissait à chacune d’entre elles.
Renji, appuyé contre le mur, était stupéfait ! Si c’était faire « semblant », il n’osait pas imaginer ce que cela donnerait en réel. Ikkaku avait largement le dessus, mais le gamin n’avait rien à envier à certains shinigamis.
Au bout d’un certain temps, Renji demanda à participer. Ikkaku lui tendit son sabre. Ichigo but le thé qu’on leur avait versé, à lui et à Ikkaku.
Une fois qu’il eut repris un peu de force, il fit face au capitaine de la 3ème division. Celui-ci l’attaqua, et Ichigo se souvint de ses ouvertures. Cependant, le style de combat d’Ichigo avait changé : il para facilement le coup porté par Renji et profita d’une ouverture pour exécuter une jolie pirouette, puis lui balancer son arme dans l’estomac avec la même force qu’il avait utilisée contre Ikkaku. Renji, qui s’attendait à ce que les coups ne lui fassent presque rien, en perdit le souffle.
Ichigo fut surpris par la réaction du shinigami rouge. Ikkaku éclata de rire et lui dit…
— Il t’a sous-estimé et il croit que tu te bats comme « avant » ! Trop drôle. Tu verrais ta gueule, Renji…
— Au moins, maintenant, je sais à quoi m’attendre… grogna-t-il.
Renji prit le petit au sérieux. Ikkaku lui rappela qu’Ichigo était un enfant et qu’il devait faire attention à la force de ses coups. Le capitaine de la 3ème division en prit note et se remit à se battre.
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Ichigo faisait des progrès considérables sous la houlette de Renji et d’Ikkaku, qui avaient parfaitement compris les désirs du gamin. Toute la 11ème division s’efforçait de l’aider. Chaque jour, il venait s’astreindre au kidō et aux entraînements de kendō, pratiquait la méditation, et visitait son monde intérieur, où Zangetsu lui donnait des conseils.
Finalement, le jeune garçon devint si fort qu’il finit par être considéré comme le fukutaichō de la division. Tous gardaient le silence face à la situation de la 11ème division.
À présent, Ichigo s’entraînait au shunpō. Il n’était pas allé à la 11ème division pendant une semaine : il voulait progresser par lui-même. Il s’était rendu à la rivière où il allait souvent avec ses amis.
Ichigo fit plusieurs exercices de souplesse, puis s’entraîna au shunpō. Il termina par une méditation. Il avait trouvé un équilibre, certes fragile, entre ses souvenirs et le présent. Il avait décidé de ne pas renier « son passé », mais, d’un autre côté, il ne voulait pas en entendre parler. Dans sa tête, c’était clair… Il était et resterait Ichigo Suo !
Quand il eut fini sa méditation, il partit au marché du Rukongaï. Le roux s’amusa avec les autres gamins qu’il croisait sur son chemin. En fait, rien ne le distinguait des autres. Il prit à nouveau plaisir aux joies simples du contact avec des gens somme toute normaux. C’était réconfortant. Ainsi, il avait l’impression que sa vie n’avait pas changé.
Ichigo ne se faisait pas d’illusions… Mais, au moins, il se construisait du mieux qu’il le pouvait.
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Lorsque le jour du retour de ses amis arriva, il partit à leur rencontre. Il utilisa le shunpō et les trouva en cours de route, en train de se chamailler. Il bondit brutalement devant eux, et tous les trois tombèrent sur leurs séants. Ichigo eut un sourire carnassier et se moqua gentiment d’eux…
— Hum… je vois que vous avez fait beaucoup de progrès à l’Académie !
— Ichigo… Comment tu as fait ça ?
Ichigo rejeta la tête en arrière et leur fit un clin d’œil.
— Je suis devenu fort !
— Oh… Tu as surtout la grosse tête, à ce que je vois, fit Hirako. Je vais te la dégonfler tout de suite… Attends un peu, morveux !
Ichigo s’échappa en courant, Hirako sur les talons. Byakuya et Grimmjow se regardèrent, puis se sourirent, avant de se précipiter à la poursuite de leurs deux amis qui les avaient laissés en plan.
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Ichigo entraîna ses trois amis à sa suite à l’intérieur de la 11ème division. Il déboula dans le dojo où Ikkaku était en train de battre l’un de ses hommes en râlant.
— Bande de mauviettes ! Pas un pour me tenir tête.
— Ikkaku, arrête de les terroriser, sinon y aura plus personne dans ta division, fit Ichigo en riant.
Surpris, Ikkaku se retourna. En voyant Ichigo, il se précipita vers lui, s’arrêta net, puis lui tendit un sabre…
— Franchement, c’était trop long. T’aurais pas pu venir avant ? Je me suis ennuyé !
— J’ai amené Grim’, Bya et Hï ! Ça te dérange pas ?
— Non… Plus on est de fous, plus on rit… c’est ce qu’on dit, en tout cas. Bon, assez parlé. T’as dû rouiller ! Allez, bouge ton cul et montre-moi ce que tu as fait durant cette semaine.
— Tu viendras pas te plaindre ?
Ichigo fit rouler le sabre entre ses doigts et se déplaça avec aisance sur le tatami. Les autres membres de la division étaient soulagés. Kami-sama avait eu pitié d’eux : il leur avait envoyé Ichigo !
Byakuya, Grimmjow et Hirako furent invités à s’asseoir aux premières loges, mais on leur demanda de ne surtout pas déranger le combat. Déranger ? Ils observèrent la scène. Ils se demandaient comment Ichigo allait s’en sortir, car Ikkaku affichait un sourire à faire peur !
Ichigo, lui, ne se démonta pas. Il tourna lentement autour d’Ikkaku. Cette fois, c’était lui qui prenait l’initiative. Finalement, il porta un coup rapide au capitaine de la 11ème division. Ce dernier ne l’évita qu’en utilisant le shunpō et répliqua immédiatement. Ichigo esquiva avec beaucoup d’adresse. Ils s’arrêtèrent et s’observèrent quelques minutes, puis bondirent l’un sur l’autre pour échanger des coups puissants. Ichigo utilisait son reiatsu pour que ses frappes aient plus de conséquences.
Les trois adolescents avaient les yeux écarquillés de surprise. Ils avaient fait des progrès, mais rien de comparable avec ce que l’orangé était en train de faire. C’était impossible ! Il était tout simplement effrayant. Byakuya observait Ichigo : d’un côté, il lui rappelait beaucoup sa version précédente, mais, en même temps, il n’avait plus les mêmes hésitations qu’à l’époque. Il prenait du plaisir à se battre, contrairement à avant.
Soudain, le jeune garçon s’arrêta. Il posa un genou à terre et murmura…
— Assez !
— Déjà ?
— Je ne sais pas ce que j’ai en ce moment. Je dors mal et je me sens plus souvent fatigué.
— Oh ?
Ikkaku s’était assis en tailleur face à l’adolescent.
— Peux-tu me dire exactement ce qui se passe ?
— Je rêve souvent… Mais je ne me souviens jamais de quoi ! Pourtant, ces rêves me semblent si réels.
— Comment va ta grand-mère, en ce moment, Ichigo ?
— Fatiguée aussi, je crois…
— C’est pas bon !
Le capitaine de la 11ème division observa Ichigo et reprit…
— Est-ce que tu veux rester dormir ici cette nuit ? Tes amis sont aussi invités s’ils le veulent…
— Quelque chose ne va pas ? demanda Byakuya en se relevant immédiatement.
Il traversa la zone de combat et se pencha sur le plus jeune.
— Je n’en suis pas sûr, et c’est pourquoi je demande à Ichigo de rester ce soir… Vous dormirez dans la même chambre, tous les quatre. Si quelque chose arrive, venez me prévenir tout de suite. Oï ! Qu’on fasse préparer la chambre du fukutaichō et qu’on y mette quatre futons.
Les garçons restèrent silencieux.
— Je ne suis pas sûr, mais je pense que tu es arrivé à un stade où, même moi, je ne peux plus t’aider. Je ne pensais pas que cela arriverait aussi vite ! Tu es effrayant, Ichigo !

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